Le chantier archéologique, entrepris sur l’esplanade Saint-Antoine dans le cadre du réaménagement public
de la place en 2012, apporte un complément essentiel à la connaissance du développement urbain de
Genève, de l’époque antique à nos jours puisqu’il contient un résumé des principales phases de l’histoire de
la Cité.
Ce site, riche d’un témoignage historique exceptionnel, présente en outre l’avantage d’une lecture
immédiate, les différentes occupations se répartissant distinctement dans des secteurs géographiques
particuliers, et permettant dès lors une circulation facilitée autour des vestiges.
La conservation et la mise en valeur de ce patrimoine de premier plan ont invité la Ville de Genève et le
Service Cantonal d’archéologie à envisager le déploiement d’un projet d’aménagement urbain destiné à
garantir la conservation des vestiges mis au jour et à offrir leur découverte à un large public. A cette fin,
ces deux entités ont conduit un concours d’architecture qui a distingué le projet Lanternaux du groupement
Atelier Traces Architectures, Estar arquitectos SLP et Kälin & associés SA.
La compréhension du Bastion de Saint-Antoine comme un espace public ouvert, entièrement accessible,
conçu comme une large surface sur laquelle sont disposés différents objets, constitue la clé des intentions
du projet. L’articulation géométrique de deux groupes de plantations redéfinit l’entrée de la ville historique;
une salle d’arbres établit la continuité avec la plantation existante sur la promenade Saint-Antoine et un
mail aligné sur le boulevard Emile-Jaques-Dalcroze. De la césure résultant de ces deux géométries surgit
une ouverture conduisant à l’extrémité de l’esplanade et aux fouilles émergeant sous la forme de trois
lanterneaux manifestant la présence des traces du passé dans la vie quotidienne de la ville.